Faire le point sur nos croyances : un premier pas vers une meilleure santé
— Attends, tu veux dire que ce que je crois peut vraiment avoir un impact sur ma santé ? Genre… si je pense que je vais tomber malade, je vais tomber malade ?
Pas tout à fait comme ça. Mais nos croyances – surtout celles qu’on ne remet jamais en question – influencent bel et bien nos choix, nos comportements, et donc, notre santé. Certaines viennent de notre famille, d’autres de notre culture, de notre éducation ou de nos expériences passées. Et parfois, on les porte en nous sans même savoir qu’elles sont là.
— Un peu comme un filtre invisible entre la réalité et ce que je perçois ?
Tout à fait. Et si ce filtre te fait croire, par exemple, que « le stress, c’est normal », ou que « de toute façon, tout le monde finit par être malade », il y a de bonnes chances que tu agisses (ou n’agisses pas) en conséquence.
Dans cet article, je te propose d’explorer comment nos croyances s’installent en nous, comment elles peuvent nous limiter… et surtout comment les transformer pour qu’elles deviennent des alliées plutôt que des freins à notre bien-être.
1. Les croyances et leur impact sur la santé
— Bon, alors c’est quoi au juste une croyance ? C’est comme une opinion très forte ?
Une croyance, c’est une idée qu’on tient pour vraie… même si on ne l’a jamais vérifiée. Parfois, on en est conscient. Mais le plus souvent, ce sont des croyances implicites : elles agissent en arrière-plan et influencent nos comportements sans qu’on s’en rende compte.
— Tu veux dire que je peux me comporter d’une certaine façon juste parce que j’ai une idée préconçue à propos de… la santé, par exemple ?
Oui, et c’est plus fréquent qu’on pense. Par exemple, si tu crois que « faire du sport, c’est souffrir », tu risques de repousser l’idée de bouger. Si tu penses que « vieillir, c’est forcément décliner », tu pourrais moins investir dans ton bien-être à long terme.
— Oh. Mais ça, c’est pas juste dans ma tête, c’est partout autour de moi aussi.
C’est justement ça qui rend ces croyances si puissantes. Elles sont souvent validées par la société, renforcées par les médias, intégrées par notre entourage… et finissent par nous sembler « normales ».
— Donc si je comprends bien… nos croyances peuvent devenir des prophéties auto-réalisatrices ?
Exactement. Et le problème, c’est qu’elles peuvent nous enfermer dans des modes de pensée et de comportement qui freinent notre capacité à prendre soin de nous.
Mais la bonne nouvelle, c’est qu’une croyance, ça se déconstruit. Et mieux encore : ça se transforme.
2. Les croyances sociétales : un héritage collectif
— D’accord pour les croyances personnelles… Mais tu disais qu’il y en a aussi qui viennent de la société ?
Oui. On appelle ça des croyances collectives ou sociétales. Ce sont des idées véhiculées à grande échelle, qui finissent par paraître « logiques » ou « naturelles », même si elles ne reposent pas toujours sur des faits. Elles circulent partout : à l’école, dans les pubs, les séries télé, au travail, dans les conversations anodines…
— Tu as un exemple concret ?
Plein. Par exemple :
- « Il faut souffrir pour être en forme. »
- « Une alimentation saine, c’est compliqué et plate. »
- « Les femmes sont plus émotives, les hommes plus rationnels. »
- « On a tous un poids naturel qu’on ne peut pas changer. »
- « Vieillir, c’est forcément perdre son autonomie. »
— Wow. C’est fou comme certaines de ces phrases me semblent… normales. Presque banales.
C’est justement ça le piège. Quand une idée devient omniprésente, on finit par l’accepter sans la remettre en question. Et plus une croyance est partagée, plus elle devient invisible — comme l’air qu’on respire.
— Et ça a quoi comme effet sur la santé ?
Un effet en cascade. Ces croyances influencent nos attentes envers nous-mêmes, notre corps, notre vieillissement… mais aussi notre niveau d’engagement, de motivation et d’espoir face aux changements.
Par exemple, si tu crois que la santé se dégrade inévitablement avec l’âge, tu risques de moins investir dans ton bien-être à 40, 50 ou 60 ans. Ou si tu penses que « prendre soin de soi, c’est égoïste », tu pourrais te sentir coupable à chaque fois que tu ralentis ou que tu poses tes limites.
— Ok. Donc il ne s’agit pas juste de “pensées négatives”, mais bien de schémas profonds qui conditionnent nos choix.
Absolument. Et c’est pour ça qu’il est si précieux de les reconnaître. Parce qu’en mettant en lumière ces croyances collectives, on reprend un peu de pouvoir sur ce qu’on veut garder… et sur ce qu’on préfère déconstruire.
3. Repérer les croyances qui ne nous servent plus
— Bon… Je suis prête à les débusquer, ces croyances invisibles. Mais par où je commence ?
Commence par observer tes pensées, tes réactions spontanées, tes petites phrases toutes faites. Certaines croyances sont faciles à identifier, d’autres se cachent derrière des justifications ou des jugements automatiques.
Voici quelques pistes concrètes pour les repérer :
Écoute ton discours intérieur
Quand tu fais face à un défi ou que tu envisages un changement, qu’est-ce que tu te dis instinctivement ?
Des phrases comme :
- « Ce n’est pas pour moi. »
- « Je n’ai jamais été sportive. »
- « Dans ma famille, on est comme ça. »
- « Ça ne sert à rien d’essayer, je vais abandonner. »
… peuvent révéler des croyances limitantes bien enracinées.
— Ah, tu veux dire ces pensées qui sonnent “vraies” juste parce qu’on les a entendues mille fois…
En effet. Elles n’ont souvent jamais été remises en question. On les répète sans s’interroger sur leur origine ni sur leur utilité actuelle.
Observe tes comportements récurrents
Parfois, c’est ce qu’on fait (ou ce qu’on évite de faire) qui trahit nos croyances.
Tu remets toujours à plus tard ce rendez-vous chez le physio ? Tu refuses les pauses même quand tu es épuisée ? Tu culpabilises chaque fois que tu choisis un repas simple mais nourrissant au lieu de cuisiner « comme il faut » ?
Derrière ces automatismes, il y a souvent une croyance… comme :
- « Je dois tout gérer toute seule. »
- « Il faut que ce soit parfait sinon ça ne vaut rien. »
- « Se reposer, c’est perdre du temps. »
Repère les phrases héritées
Certaines croyances viennent tout droit de notre enfance ou de notre environnement culturel.
Tu entends encore la voix d’un proche qui disait :
- « Finis ton assiette, il y en a qui n’ont rien à manger. »
- « Les garçons ne pleurent pas. »
- « Le travail passe avant tout. »
— Et même si personne ne nous le répète aujourd’hui, on continue à vivre comme si c’était une loi gravée dans le marbre…
Oui. C’est pourquoi le simple fait d’en prendre conscience est déjà un pas immense. Ce n’est pas toujours confortable, mais c’est essentiel pour ne plus vivre en pilote automatique.
4. Reprogrammer ses croyances pour mieux avancer
— OK, j’ai mis la main sur quelques croyances qui me freinent… et maintenant, je fais quoi avec ça ?
Maintenant, tu peux commencer à les questionner — et même à les transformer. Parce qu’une croyance, ce n’est pas une vérité absolue : c’est une hypothèse qu’on a adoptée à un moment donné… et qu’on peut remettre à jour.
Voici quelques étapes simples (mais puissantes) pour amorcer ce changement :
Questionne la croyance
Demande-toi :
- Est-ce que c’est vraiment vrai
- Est-ce que j’ai déjà vu une exception à cette croyance, chez moi ou chez d’autres ?
- Est-ce que cette pensée me rend service, ou est-ce qu’elle me limite
Prenons un exemple :
Croyance : « Je ne suis pas capable de maintenir une routine. »
Questionnement : Est-ce qu’il y a des choses que je fais régulièrement sans même y penser (me brosser les dents, sortir le chien, etc.) ? Est-ce que j’ai déjà tenu une routine pendant quelques semaines, même courte ?
— Ah ouais… C’est pas parce que je ne le fais pas toujours que je n’en suis pas capable.
Exact. Le cerveau adore généraliser, mais ça ne veut pas dire qu’il a raison.
Propose une croyance alternative… plus utile
Une fois que tu as repéré une croyance limitante, essaye de la reformuler d’une manière plus nuancée, plus ouverte, plus soutenante.
L’idée, ce n’est pas de coller un slogan positif à la place, mais de choisir une pensée plus aidante et réaliste.
Par exemple :
- « Je suis en train d’apprendre à tenir une routine, petit à petit. »
- « J’ai le droit de prendre soin de moi, même si tout n’est pas parfait autour. »
- « Je peux m’écouter sans culpabiliser. »
— On dirait que ça ouvre une porte… au lieu de me la claquer au nez.
Tout à fait. Une bonne croyance ne te juge pas. Elle t’aide à avancer, à tester, à ajuster. Elle te permet d’agir avec plus de souplesse et de bienveillance envers toi-même.
Répète-la… et agis en cohérence
La reprogrammation passe aussi par la répétition. Plus tu choisis consciemment une croyance aidante, plus elle s’ancrera.
Et surtout, plus tu poses des actions en cohérence avec cette nouvelle croyance, plus ton cerveau recevra de preuves que, oui, cette façon de penser fonctionne.
Même une toute petite action compte. Un repas plus intuitif, une pause sans justification, un « non » dit calmement.
5. Et après ?
— J’imagine que ça se fait pas en claquant des doigts, cette affaire-là.
Non. Changer ses croyances, ça ne se fait pas en un week-end. C’est un processus, pas un bouton magique.
Mais l’important, c’est que maintenant, tu as les lunettes pour les voir. Tu peux commencer à repérer les croyances qui t’entravent, les questionner, les ajuster, les alléger.
Parfois, il suffit de douter un peu d’une vieille croyance pour qu’elle perde déjà de son pouvoir. Et parfois, il faut y revenir plusieurs fois, l’apprivoiser, la détricoter couche par couche.
Conclusion
Changer ses habitudes, ce n’est pas qu’une question de volonté ou d’organisation. C’est aussi une affaire de croyances — souvent invisibles mais puissantes. Ces croyances ne sont pas des vérités. Ce sont des histoires qu’on a apprises, répétées… mais qu’on peut aussi réécrire.
À partir du moment où tu les vois, tu peux choisir de les remettre en question, de les assouplir, de les réinventer. Et petit à petit, tu peux te donner la permission de faire autrement. Pas à pas.
— C’est rassurant, quelque part. De me dire que j’ai plus de pouvoir que je pensais.
Tu en as. Beaucoup plus que tu ne le crois. Et ce pouvoir-là, il commence souvent par une simple question : « Et si cette pensée n’était pas (entièrement) vraie ? »
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